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 Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]

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MessageSujet: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   Mar 26 Mar - 15:57

     Tête rentrée dans les épaules, mains profondément enfoncées dans les poches de sa courte et cintrée veste en cuir noir, la jeune femme essayait de passer entre les gouttes. Avec une efficacité toute relative, il fallait bien le reconnaître… A bien y regarder, Molly avait même carrément l'air d'un chat qui serait tombé à l'eau, mais un chat avec suffisamment de volonté pour poursuivre tout de même sa route. D'un autre coté ce n'était pas comme si elle n'avait pas une certaine habitude de ce temps "enchanteur". Spécifier qu'il était en train de pleuvoir, à Londres, cela revenait un peu à dire que les roses sont rouges ou une quelconque autre platitude qui coulait de sens. Les français appelaient ça des lapalissades… Ou un truc du genre.

     Alors lorsque les premières gouttes avaient commencé à s'écraser sur le trottoir, la jeune femme s'était contentée de pousser un soupir résigné avant de presser le pas et de se mettre en position du "sauvons vaguement les apparences". Elle finirait trempée comme une soupe, elle le savait. Sa jupe courte à motifs écossais sur ses leggings noirs n'étaient pas spécialement adaptés pour la pluie… Son corset et ses rangers à moitié ouvertes non plus. Mais elle ne se serait changée pour rien au monde, tout juste avait-elle rabattu la capuche d'un sweat qu'elle avait enfilé rapidement sous sa veste. Ce ne serait certainement pas une perturbation météorologique qui allait lui dicter sa conduite. Ni quoi que ce soit d'autre d'ailleurs…

     Et puis, si elle devait se cloîtrer chez elle à chaque fois qu'un peu d'eau tombait du ciel, elle serait devenue ermite depuis longtemps. Ou elle aurait émigré quelque part au soleil… En Amérique peut-être? Mais pas le vieux continent… Elle se voyait mal partir pour un autre pays de l'Europe, voir plus à l'est, de toute façon le temps n'y serait pas beaucoup mieux… L'idée de rejoindre le Mexique ou ce genre de contrées exotiques arracha un sourire teinté de cynisme à Molly. Que diable irait bien faire une irlandaise dans ces drôles de pays? Londres lui sortait parfois par les yeux, les londoniens pour être exact en fait, mais il y avait mille et une manières de s'y amuser.

     Comme par exemple l'un des pubs qu'elle fréquentait et qui accueillait un petit groupe de musique irlandaise. Ils y faisaient un bœuf tous les mercredis soirs… C'était son petit moment nostalgique. Elle prenait sa soirée dans ces cas là, ne profitant que de la musique et des forts nombreux alcools que pouvaient proposer le barman. La perspective de s'installer sur les sièges les plus proches de la cheminée la poussa à accélérer le pas… A cette période de l'année le proprio devait encore avoir quelques briques de tourbe qui viendraient embaumer l'air… Bref, que du bonheur !!

     Mais pour ça il fallait qu'elle puisse payer ses consos… Et ses derniers pennies étaient partis dans de maigres courses… C'était bien beau de vivre de liberté et d'eau fraîche, gratuitement dispensée par les nuages, merci bien, mais il fallait aussi mettre un peu de carburants solides dans son corps filiforme… Du coup elle était "à sec" coté finances pour ce soir. Bien qu'il soit hors de question qu'elle traçât un trait sur sa dose de musique et d'alcools, elle apprécia l'humour de la situation alors que ses poings se refermaient sur sa doublure humide… Ce n'était pas comme s'il y avait plein d'autres façons de se faire quelques billets après tout… Un sourire furtif se dessina sur ses lèvres alors qu'elle avisait un arrêt de bus fort judicieusement disposé devant la devanture d'un restaurant qui avait eu la bienveillante attention d'étendre son store banne. Droit sur sa route. Et qui disait arrêt de bus, disait nombreux badauds. Tous bien collés serrés sous la maigre protection… Elle n'avait besoin que de quelques billets après tout...
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MessageSujet: Re: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   Sam 30 Mar - 16:14


Gavriel Eisenhower & Molly Malone

D’aucuns auraient pu s’étonner que pour Gavriel, passer à l’acte lorsqu’il s’agissait d’éliminer une cible puisse prendre tant de temps. Le meurtre lui-même n’était l’affaire que de quelques secondes. Le « nettoyage » pouvait être plus long, en fonction de l’importance de la personne (il est toujours plus difficile d’effacer toute trace existante d’un homme politique que d’un sdf, leur visibilité n’étant pas vraiment la même), mais là encore, moyennant de belles sommes d’argent, il suffisait de quelques heures. Et il ne payait que les meilleurs.
Mais la phase la plus longue était de loin celle qui précédait l’assassinat. Il s’agissait de ne pas faire d’erreurs. Ainsi, pendant des semaines, parfois des mois, il se contentait de trouver et de repérer sa victime, d’établir son emploi du temps, ses activités quotidiennes. Déterminer un schéma, trouver une faille pour s’y infiltrer sans attirer l’attention. Il ne s’agissait pas d’apprendre à les connaître ; il se fichait de savoir qui ils étaient. Le moins il en savait, le mieux c’était. C’était une simple question d’approche. Il était comme le prédateur qui reste pendant des heures embusqué à observer et traquer sa proie, avant de se jeter sur elle. Tout était calculé. Le dérapage n’était pas permis. Mais malgré ses précautions, malgré sa prudence, parfois le destin s’en mêlait et il n’y avait absolument rien à faire. Cela ne lui était encore jamais arrivé, ou en tout cas, rien qui ne soit irréparable, fort heureusement, car Gavriel détestait perdre le contrôle. Il avait une réputation à tenir.

Il savait qu’il ne ferait rien aujourd’hui, ni le jour d’après. Il n’avait commencé à surveiller les allées et venues de sa cible que depuis quelques jours. Il commençait à connaître sa « routine », qui n’en était d’ailleurs pas une. Les endroits qu’elle fréquentait le plus, où elle logeait, qui elle voyait. Elle. Car il s’agissait d’une jeune femme. Pas vraiment son profil habituel de cibles, mais au moins, elle lui facilitait les choses. Elle n’était peut-être pas sdf, mais très certainement ce qui s’en approchait le plus. La faire disparaître ne poserait pas de problèmes. Elle se déplaçait présentement au milieu de la plèbe londonienne qui rentrait du travail sous la pluie, une masse informe de costumes sombres et de parapluies assortis se fondant dans la grisaille de la capitale, tous pressés de rentrer chez eux afin de s’abriter bien au chaud.

Gavriel était, quant à lui, assis à la terrasse couverte d’un café qui tenait presque plus d’une véranda chauffée, et observait nonchalamment les passants, parmi lesquels la jeune femme qu’il surveillait se frayait un chemin tant bien que mal, avec quelque chose qui tenait clairement de la détermination dans sa démarche, en dépit de la pluie qui trempait peu à peu ses vêtements. Elle se dirigea non loin de l’arrêt de bus qui faisait face à son café, avisant une petite troupe de londoniens agglutinés sous l’abri, attendant que le véhicule rouge ne s’arrête pour les déposer chez eux. Il n’eut pas à l’observer longtemps pour comprendre son petit manège et dissimula un sourire amusé. Elle avait de la suite dans les idées. Il se releva lentement, laissant un billet sur sa table qui ferait largement office de pourboire et sortit avec désinvolture pour la suivre d’un peu plus près, ignorant les gouttes de pluie qui s’empressèrent aussitôt de l’accueillir. La circulation était intense à cette heure-ci, achevant de parfaire le tableau de la scène type londonienne. Et malgré tout, de tous les endroits où il avait été – et il avait voyagé beaucoup – Londres restait la seule ville qu’il considérait comme la sienne. Londres, et son manoir familial, en Irlande : même s’il n’y avait pas souvent remis les pieds, il s’était assuré que le manoir soit toujours tenu en ordre et prêt à le recevoir si besoin était. Il aimait cette pollution, cette grisaille, cette foule pressée. Il y avait une certaine poésie dans tout cela, à laquelle Gavriel était sensible. Après tout, quitte à dispenser la mort, autant le faire dans un cadre qui s’y prête, non ?

Il s’arrêta à quelques mètres de la jeune femme, l’air de rien. Un simple anglais comme tant d’autres. Juste un visage parmi les autres. Excepté que lui ne rentrait pas du travail. Pas encore.


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MessageSujet: Re: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   Dim 31 Mar - 0:37

     Comme n'importe quel londonien, donc relativement pressé et mouillé, elle accéléra le pas pour venir chercher la protection du store. Bien entendu, comme la place était limitée, la jeune femme dut un peu jouer des coudes et des épaules pour se trouver un espace au sec, renforçant encore le phénomène de masse... Il y eut bien quelques grognements ou des protestations à peine étouffées mais personne ne chercha à la repousser. Le regard fixé sur l'horizon dans l'attente de leur saint graal, rouge et possédant deux étages, aucun d'eux ne prêtait vraiment attention à la nouvelle venue qui cherchait à se frayer un passage. Et c'était bien sur cela que Molly avait escompté. Du moment qu'elle avait commencé à s'attaquer au groupe, elle avait sorti ses mains de ses poches...

     La demoiselle ne comptait pas partir avec les portefeuilles de tous ces malheureux détrempés, non... Juste quelques-uns. Un ou deux. Ou trois... Ce serait selon sur qui elle allait tomber et le volume de son pécule. Car lorsqu'elle se laissait aller à mettre en pratique ses années d'expérience en terme de vol à la tir, elle avait tendance à choisir ses cibles. Si elle en croyait ses anciens "amis" il s'agissait d'une fâcheuse manie mais à ses yeux, c'était surtout qu'elle aimait bien remettre à leur place certaines personnes. Sauf qu'elle le faisait à sa manière. On pouvait difficilement parler d'un syndrome "Robin des Bois" puisqu'au final le larcin ne serait profitable qu'à sa petite personne. C'était juste un excellent compromis entre un ersatz de conscience et un comportement pour le moins individuel...

     Elle jeta presque immédiatement son dévolu sur un grand bonhomme juste à droite. Costume gris perle sur mesure, coûtant probablement les six derniers mois de son misérable salaire de serveuse, coupe impeccable, petite mallette en cuir noir et, surtout, un air de condescendance à donner des envies de meurtre. De toute façon le regard qu'il lui avait jeté quand elle était arrivée avait suffit à signer son arrêt de mort... Enfin... Celui de son portefeuille dirons-nous. Profitant des corps compressés et des mouvements naturels de ces derniers elle eut tôt fait de le dépouiller sans éprouver la moindre once de remord. Le bus arriva d'ailleurs à point nommé pour lui permettre de lui rendre son précieux contenant, les billets soigneusement rangés dans sa propre poche. Elle n'allait pas le priver de ses papiers non plus... Et puis elle ne pouvait qu'imaginer sa tête quand il chercherait ses liquidités...

     Dans la foulée elle profita de sa nouvelle position et de la proximité naissante avec une vieille mégère, mélange peu adéquate entre Madame Mim et Tatie Daniel. Tel un Général en campagne, elle fendait la foule pour atteindre le bus en usant, et abusant, de sa canne tout en parvenant à écraser un nombre considérable de pieds grâce à son espèce de caddie. Etant donnée sa façon de faire, il lui sembla bien la voir en train d'enfoncer sa canne dans le dos de quelqu'un à dessein, cette dernière perdit l'usage exclusif de son porte-monnaie. Et pour la peine, elle ne le récupéra même pas une fois installée dans le bus, non sans avoir copieusement fustigé le chauffeur sur sa lenteur, les retards des lignes et probablement la pluie...

     Techniquement parlant, si elle se fiait à ce qu'elle palpait à l'aide de ses doigts, ces deux victimes suffisaient à lui promettre une excellente soirée. Probablement que Poches-Bien-Pleines se promènerait dorénavant avec moins d'argent sur lui suite à sa petite mésaventure... Quant à Madame Mim, elle lui souhaitait bien du plaisir... Normalement elle pouvait s'arrêter là. Elle pouvait se laisser doucement remettre sur sa route initiale pour le mouvement naturel du petit groupe qui était en train de se tasser dans le véhicule rouge. Elle pouvait garder ses mains dans ses poches. C'était d'ailleurs ce qu'il y avait de mieux à faire, de plus prudent et raisonné. Après tout non seulement elle avait assez mais les conditions n'étaient plus les mêmes. Moins adéquates. Et puis il n'y avait plus vraiment personne qu'elle avait envie de dépouiller. Du moins pas pour les mêmes raisons que d'habitude. Il y avait bien cet homme à quelques mètres... Mais c'était clairement plus l'envie de le bousculer un peu qui prédominait. Et pas forcément méchamment...

     A quoi ça tient le destin finalement...? Prenez une fille un peu zonarde qui fait les poches des gens. Faites la un peu avancer, histoire de se détacher de la foule, sur un coup de tête, parce qu'il y a un bonhomme qui lui revient bien. Prenez ensuite une mamie réincarnation de Gengis Khan qui n'a plus son porte-monnaie pour payer son ticket de bus. Faites la s'énerver et frapper à moitié le chauffeur avec sa canne jusqu'à ce qu'il ait un mouvement pour la stopper qui provoque un dangereux écart de son véhicule. Et bien vous aurez de très grandes probabilités de mettre un sacré boxon dans la circulation. Suffisamment pour que la voiture derrière le bus, un cab noir et rutilant dans notre cas, ait un mouvement malheureux le déportant à une vitesse pas vraiment très réglementaire droit sur le trottoir. Trottoir, donc, où se trouve la dite fille un peu zonarde. Alors? A quoi ça tient le destin?

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Molly Malone
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MessageSujet: Re: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   Ven 5 Avr - 14:56


Gavriel Eisenhower & Molly Malone

A peu de choses, semblait-il. Car il s’était suffit de peu. Si Gavriel n’avait pas été à cet endroit, à cet instant, s’il n’avait pas plu, s’il n’y avait pas eu ce taxi, si la jeune femme n’avait pas été fauchée… les choses auraient probablement très différentes. C’était l’expression classique sur le papillon et son battement d’ailes. Il suffisait d’un rien. Mais les circonstances avaient toutes été réunies pour que ce qui ne devait pas arriver, arrive.

La scène, contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, ne s’était pas jouée au ralenti, comme dans les films. Au contraire. Tout était allé si vite que Gavriel avait eu l’impression que quelqu’un avait pressé le bouton « fast forward » et qu’il ne lui restait plus qu’à trouver le bouton pause à temps. Sauf qu’ils n’étaient pas dans une quelconque série policière de la BBC, il s’agissait de la vie, et dans la vie, les gens mourraient. De façon bête.

Mais pas aujourd’hui. Si on lui avait posé la question, Gavriel ne se serait définitivement pas posé en héros. Même pas un peu. Et pas par fausse modestie, non, ce n’était pas son genre. S’il fallait commencer quelque part, c’était un tueur à gages et il n’avait absolument aucune empathie pour ses victimes. Autant dire que ça faisait plus de lui le méchant de l’histoire que le héros. La suite aurait pu prouver le contraire, mais Gavriel savait en son for intérieur qu’il n’en était rien. Il arrivait que parfois, même un acte altruiste, sacrificiel, soit en réalité le fruit d’un égoïsme déguisé. Le héros n’était pas toujours celui que l’on croit.

Il observa discrètement son petit jeu pendant plusieurs minutes, toujours ce même sourire en coin, quand elle s’approcha de lui : pour le voler lui aussi, ou lui parler ? Difficile à dire. Après tout, le costume du premier pigeon n’avait rien à envier à celui de Gavriel. Pire ; il savait qu’il ne remettrait plus jamais le sien, à présent que celui-ci avait été tâché par les flaques et la pluie. Un gâchis d’argent ? Peut-être, mais Gavriel n’en avait jamais vraiment eu d’autre utilisation. Il avait donc tout de la victime idéale pour les mains habiles de la jeune femme. Mais il n’eut jamais l’occasion de savoir ce qu’elle s’apprêtait à faire, car elle ne parvint pas à atteindre son but.

Le bus s’écarta subitement de son arrêt, forçant le taxi derrière lui à effectuer une opération malhabile sur les routes glissantes pour l’éviter, et Gavriel n’eut pas à calculer combien de temps cela lui prendrait pour freiner ou changer de direction avant d’impacter le trottoir et la personne qui se trouvait sur sa trajectoire, car la réponse était, dans tous les cas : trop.

S’il y avait une chose à retenir du métier de tueur à gages, c’était que c’était extraordinairement bien payé… à condition, bien sûr, de bien faire son travail. Si la grande Faucheuse passait par là avant vous, pas de chance, vous pouviez dire au revoir à votre pactole. La mort devait intervenir selon vos termes. Bien sûr, il était toujours possible de maquiller l’accident en crime (quand tant d’autres s’évertuaient à faire le contraire), mais cela relevait souvent de l’impossible, surtout lorsqu’il s’agissait, comme pour Gavriel, de nettoyer proprement la scène, ce qui signifiait ici : s’assurer qu’aucun témoin ne parlerait, et qu’aucun journal ne s’emparerait de l’affaire. En plus de quoi évidemment, sa réputation en prendrait un coup.
Ce furent toutes ces raisons, plutôt qu’une quelconque notion d’héroïsme ou de courage, qui le poussèrent à courir sans réfléchir vers la jeune femme, à se jeter sur elle et à rouler en boule avec elle sur le bas côté tandis que le taxi, quelques secondes plus tard, s’écrasait contre le lampadaire qui s’était trouvé juste derrière la voleuse. Il y eut un court temps de flottement qui se déroula dans le silence, tandis que la confusion se lisait sur le visage des passants, puis quelques cris de surprise, des pas s'approchant d'eux et du véhicule, et enfin, la douleur d'un probable futur hématome dans son genou qui le tira peu à peu de cette stupeur générale.

Bien, le costume était définitivement fichu, décida Gavriel tout en se redressant rapidement, réalisant qu’il était à moitié couché sur la pauvre rescapée. Il s’était probablement provoqué quelques bleus sous le choc, mais rien de bien méchant cependant, et il s’empressa de vérifier qu’il en était autant pour cette dernière en l’aidant à se relever.
« Tout va bien, vous ne vous êtes pas fait mal ? »
Il la relâcha dès qu’elle fut en mesure de tenir debout toute seule : il venait d’enfreindre la plus élémentaire de ses règles, à savoir ne jamais approcher sa cible. Ne pas lui adresser la parole, ne pas la toucher, ne même pas croiser son regard. Evidemment, il n’avait pas vraiment eu le choix, mais tout de même. Il devait se sortir de cette situation au plus vite.
De toute façon, tant que les dégâts étaient suffisamment mineurs pour qu’elle ne soit plus en danger de mort, il se fichait du reste, cela ne le concernait pas. Elle mourrait de toute façon, alors à quoi bon ?


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MessageSujet: Re: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   Mar 9 Avr - 14:25

     Les choses sortant de l'ordinaire, et un taxi fonçant droit sur vous alors que vous êtes sur le trottoir est indéniablement un évènement sortant de l'ordinaire, arrivent toujours aux autres. C'est vrai ! Les choses bizarres, les accidents étranges, les coups du sort, tout ça c'est bon pour les autres. Quand on marche tranquillement sur un trottoir, sous une pluie battante, en se disant qu'on est parti pour passer une bonne soirée, l'idée que l'on va finir fauché par une voiture n'est pas vraiment ce que l'on a immédiatement en tête... Alors, forcément, on ne reconnait pas les petits signes annonciateurs de la catastrophe immédiate, on ne les identifie même pas comme tel. Le coup de frein, le bruit distinctif des pneus heurtant le trottoir, les cris des passants... Tout est trop rapide, trop hors de sa portée et, surtout, trop irréel pour que Molly puisse anticiper quoi que ce soit...

     Et puis comment aurait-elle pu? Si on regardait bien, il devait bien y avoir un complot des Parques quelque part non? En toute honnêteté, entre un tueur à gage chargé de l'éliminer et un taxi incontrôlable, quelles étaient ses chances de survie? Qui aurait pu prévoir que ces deux négatifs s'annuleraient finalement? Pas elle en tous cas, complètement inconsciente de ces deux épées de Damoclès qui oscillaient dangereusement au-dessus de sa tête de petite délinquante. Si Gavriel fit finalement preuve d'une exceptionnelle maîtrise de soit, on ne put pas vraiment dire autant de Molly... Non pas qu'elle paniqua d'une quelconque manière, son cerveau n'eut même pas le temps d'enregistrer la possible menace, mais elle fut complètement prise par surprise. Elle avançait vers son but, sans vraiment penser à quoi que ce soit de bien vital puis la seconde suivante tout son univers basculait. Littéralement.

     La pickpocket eut l'impression d'être percutée par un train en marche, le choc lui bloquant même tout cri de surprise au milieu de son larynx. Elle eut vaguement conscience qu'elle cherchait à se protéger la tête à l'aide de ses mains mais ce ne fut que pur réflexe... Lorsque le mouvement s'arrêta enfin, elle sentit le contact humide, froid et rugueux du bitume sur sa peau alors qu'un poids mort l'écrasait quelque peu. Il y eut ce moment de flottement qui lui permit de constater tout cela alors que ses yeux restaient obstinément clôt, comme si elle avait peur de les ouvrir puis le monde reprit son cours normal. Elle réalisa brusquement qu'elle avait retenu son souffle et reprit une grande bouffée d'air alors même qu'elle sentait que ce qui venait de l'épingler au sol était en train de la libérer. La jeune femme se mit instinctivement sur le dos pour ensuite sentir qu'on l'aidait à se relever. Ce ne fut qu'une fois debout qu'elle commença à vraiment reprendre pied avec la réalité.

     On lui parlait. Elle voyait bien ses lèvres bouger mais il lui semblait qu'il y avait un temps de latence entre l'image et le son. Son regard erra un tout petit peu au-dessus de l'épaule de Gavriel, découvrant un cab proprement encastré dans un lampadaire qui s'était vaillamment défendu, et descendit ensuite sur la main de l'homme qui la maintenait stable sur ses jambes. Elle ferma les yeux en vacillant très légèrement pour prendre une grande bouffée d'air. La petite épiphanie qu'elle eut s’accompagna d'un "pop" qui déboucha ses oreilles, la replongeant dans la tourmente d'une rue pleine de badauds venant d'assister à un accident spectaculaire. Techniquement parlant elle aurait du se retrouver sous les roues arrières du taxi. Ou entre le lampadaire et lui. Merde...

     Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle était à nouveau stable sur ses jambes même si elle semblait plus pâle que tout à l'heure. Elle avait beau se donner des airs de dur, ce genre de révélation pouvait toujours vous donner un petit choc. Ignorant proprement toute l'agitation que se trouvait autour d'eux, elle plongea son regard clair dans celui de son sauveur, puisque l'homme qui se tenait face à elle était vraisemblablement la personne à qui elle devait la vie. Molly fut un peu surprise de constater qu'il s'agissait du beau gosse qu'elle avait remarqué un peu plus tôt. Elle essaya de reprendre un peu contenance mais ce n'était pas forcément gagné... La question qu'il lui avait posée, et qu'elle avait du enregistrer à un moment donné, lui revint à l'esprit.


               -Heu.. Non... Ca va, je crois...

     En fait elle faisait l'état des lieux en parlant, son regard ne cessant d'aller du cab accidenté à lui. A bien y réfléchir elle avait bien un peu mal à une épaule et à un de ses doigts mais ce n'était rien. Elle avait déjà connu pire... En fait, à bien y penser, elle pouvait bien avoir une triple fracture du fémur qu'elle aurait répondu pareil. Elle n'était pas sous ce foutu taxi et c'était bien la seule chose importante à connaître sur son état de santé... Elle finit par un peu plus se focaliser sur Gavriel qui, malgré un complet complètement fichu, parvenait à garder un sang froid et une prestance à toute épreuve. Probablement bien éloignés de l'effet chat noyé qu'elle devait donner...

               -Vous?

     Molly avait posé la question en le désignant d'un mouvement du menton, dévoilant une pointe d'agressivité qui n'était pas tournée vers lui mais plus vers la foule et le stress qui courait encore dans ses veines. Il était d'ailleurs assez facile de voir qu'elle était assez mal à l'aise, supportant difficilement d'être ainsi le centre de l'attention. Trop de bruits, trop de gens, trop d'excitation alors que ces gens n'avaient fait qu'être spectateurs. Elle avait envie de les faire dégager à grands coups de pieds dans le fondement en leur disant de se mêler de leurs affaires mais elle pouvait difficilement le faire... L’adrénaline retombant, elle eut un frisson sous la pluie glaciale. A moins que ce ne soit le choc? Mais elle n'en était pas encore à s'effondrer.

               -Un verre.. .Je crois que j'ai besoin d'un verre. Pas vous?

     Quelque chose de fort et qui brulerait son gosier pour lui rappeler qu'elle l'avait échappé belle... Elle lui jeta un regard interrogatif en haussant un sourcil... Elle ne savait pas pour lui mais là, tout de suite, elle avait envie de prendre la tangente pour se soustraire à cette foule plus curieuse et avide de sensations que bien intentionnée. Et comme il venait de lui sauver la vie et qu'elle ne savait pas encore comment traiter correctement cette donnée, elle lui proposait de s'esquiver avec elle. Tout simplement...

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   Dim 28 Avr - 15:40


Gavriel Eisenhower & Molly Malone

La plupart des gens considéraient que les accidents du type de celui qui venait de se produire n’arrivaient jamais qu’aux autres. Pas tant par déni, car après tout, personne ne croyait jamais non plus être l’heureux gagnant au loto (ce qui ne les empêchait toutefois pas de jouer) - et qui n’aurait pas voulu d’une jolie cagnotte pour embellir ses fins de mois ? – mais simplement parce que ce genre d’évènement était trop rare, trop extraordinaire pour leur arriver. Non, pas eux, ils menaient une vie très banale, tout à fait normale, merci bien. C’était ce genre de conviction qui les empêchait de réagir le moment venu. L’incompréhension, l’ahurissement, et une totale passivité face à ce qui allait fatalement se produire. Car évidemment, les autres, tôt ou tard, c’était eux-mêmes. Il fallait bien que quelqu’un paie les pots cassés.

Gavriel n’était pas plus vif, ou plus héroïque qu’eux, mais il avait quelque chose que les autres n’avaient pas : l’habitude. Il était cet incident qui n’arrive qu’aux autres. Il ne faisait pas que fréquenter la mort, il la dispensait. Il y était habitué. Insensibilisé. Un accident de voiture ? Une simple scène du quotidien, pas de quoi s’affoler. Il avait vu pire. Oui, il avait des réflexes, un temps de réaction très court, mais c’était surtout parce qu’il passait outre la surprise. Le temps pour le cerveau d’analyser ce qui se passait et le corps faisait le reste. Un peu comme lorsque quelqu’un nous lance un objet sans prévenir et qu’on le rattrape sans même y penser. C’est intuitif, instinctif même. C’était ce qu’il s’était passé pour Gavriel au moment il avait sauvé la jeune femme.

Il se serait en revanche bien passé de l’attention de tous les londoniens attroupés autour d’eux. La pluie et le sol humide avaient pris le temps de pénétrer son costume encore impeccable quelques secondes plus tôt et à présent irrécupérable, et tandis que la réalité des choses et surtout de son geste s’imprimait dans son cerveau, un agacement évident se peignait sur ses traits. Plus de quinze ans de carrière, et c’était la première fois que les choses lui échappaient ainsi, qu’un tel incident se produisait. La première fois qu’il brisait ses propres règles : pas de contact entre lui et la cible, pas de paroles échangées, pas même de regards, rien, mise à distance absolue. Il esquissa une grimace qui aurait pu trahir la douleur qui se réveillait peu à peu dans son dos et ses coudes mais qui avait plus à voir avec la situation et l’envie très nette d’en échapper au plus vite. Il constata sans grandes surprises que son coude droit saignait légèrement sous le tissu déchiré, la peau comme brûlée par le bitume avec lequel elle était entrée en contact, créant un fourmillement désagréable dans tout son bras, tandis que la jeune femme qu’il avait secouru – et momentanément oublié -, retrouvait l’usage de la parole, un peu plus pâle et secouée que quelques secondes plus tôt, mais bel et bien en vie :
« Heu… Non... Ca va, je crois... Vous ? »

« Je survivrai », répondit simplement le tueur avec tout le phlegme dont il était capable.
Il passa une main dans ses cheveux pour repousser de son front les mèches qui commençaient à sérieusement prendre l’eau, un peu trop conscient lui aussi de l’agitation tournée vers eux tandis qu’il faisait de son mieux pour garder contenance en dépit du piètre état de son costume. Pour quelqu’un qui s’appliquait à toujours présenter bien, il n’en était pas moins un homme de l’ombre, qui se fondait dans le paysage avec la facilité d’un caméléon. Outre des raisons bien évidemment de discrétion nécessaires à son métier, il n’aimait pas vraiment attirer l’attention et à présent que c’était le cas, il se rappelait aisément pourquoi. Pas question de moisir ici ; des hommes en uniforme de toute sorte allaient bientôt arriver et il n’avait pas l’intention d’être là lorsque ce serait le cas. Comme lisant dans ses pensées, la jeune voleuse se tourna vers lui, lui offrant une parfaite sortie de secours :
« Un verre... Je crois que j'ai besoin d'un verre. Pas vous ? »
"Parfaite" étant ici un terme tout relatif. C’était manifestement tout sauf une bonne idée d’accepter d’aller boire un verre avec la personne qu’il venait de sauver alors qu’elle était précisément celle dont il avait signé l’arrêt de mort, et entendait bien à ce que le contrat soit rempli. Mais tandis qu’il réfléchissait à toute vitesse, il conclut deux choses : d’une part, il avait déjà enfreint ses règles, et même s’il s’agissait là de passer un autre stade, celui, tout particulièrement interdit du « faire connaissance », il n’était plus vraiment à ça près et il croyait suffisamment en lui pour être capable de faire son travail quoiqu’il advienne. D’autre part, et même s’il en ignorait la raison, il avait envie d’accepter. Tout, plutôt que de rester là, à répondre aux questions des gens et jurer mille fois qu’il allait très bien. Et puis, peut-être même que cela lui faciliterait le boulot : plus il saurait sur elle et ses habitudes, plus il serait simple de l’éliminer. Laconique, à son habitude, il hocha donc la tête et sans s’attarder, s’assurant qu’elle était à ses côtés, perça la foule pour s’en éloigner au plus vite.
« Si vous avez une bonne adresse, je suis preneur. »


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MessageSujet: Re: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   Sam 18 Mai - 19:15

     Pour l'instant l'adrénaline saturait encore son organisme, lui permettant d'être suffisamment "normale" pour ne pas se faire remarquer plus encore … Le choc se traduisait différemment selon les personnes et il n'était jamais aisé de prédire ce que cela allait donner. Certaines personnes se mettaient à trembler, s'effondrant presque sur elles-mêmes et se coupant de la source de stress. D'autres devenaient complètement mutiques et n'exécutaient plus que des automatismes. Et, enfin, certains étaient terriblement nerveux, comme s'ils venaient brusquement de se souvenir qu'ils étaient vivants. Molly, elle, avait plutôt tendance à appartenir à cette dernière catégorie. Là, elle avait plutôt envie de sauter sur place en criant, surtout à l'intention du taxi, juste pour pleinement profiter de cette sensation presque électrique. Mais pour l'instant, la jeune femme s'exhortait au calme, essayant de ne pas repousser les gens autour d'elle. Elle n'avait pas trop le choix si elle voulait faire profil bas et seul un très léger tremblement au niveau de ses épaules pouvait la trahir… Les passants étaient inquiets et elle savait qu'ils avaient du appeler les secours.

     Or c'était le genre d'attention "louable" dont elle se serait allègrement dispensée. Ce n'était pas tant les paramedics qui l'inquiétaient mais plus la police qui ne manquerait pas de venir jeter un œil au bazar qu'ils avaient mis dans la rue. Et qui chercherait donc à interroger victimes et témoins. Ce qui signifiait qu'on prendrait leurs noms à travers de petites choses bien triviales comme des papiers d'identité par exemple. Or Molly évitait autant que possible ce genre de situations, même si elle était de nature à tenter le diable. Ses faux papiers n'étaient pas mauvais, elle avait suffisamment raqué pour que ce ne soit pas le cas, mais il suffisait qu'elle tombe sur un agent qui connaisse un peu Dublin pour qu'il ait la puce à l'oreille. Du coup moins elle voyait les autorités, mieux elle se portait ! Et c'était sans compter ce qu'elle avait "récolté" quelques instants avant que les choses dégénèrent…

     Elle devait donc mettre les voiles. Mais pas seule de préférence… Franchement, elle ne savait rien de cet inconnu qui avait daigné lui sauver la vie. C'était déjà un concept qui la dépassait un peu car elle ne faisait pas vraiment partie de cette petite catégorie d'êtres humains qui agissent avec une certaine abnégation à l'égard de parfaits inconnus. En plus il semblait tellement bien représenter le flegme britannique qu'elle ne parvenait pas vraiment à savoir si la sollicitude envahissante de tous ces inconnus l'agaçait autant qu'elle. La seule chose qui l'importait vraiment c'était qu'elle lui en devait une… Si elle devait prendre la poudre d'escampette sans pouvoir proprement le remercier, elle finirait forcément par le regretter. Alors quand il se mit finalement en mouvement, fendant la foule avec aisance, la jeune femme ne put s'empêcher de ressentir une certaine forme de soulagement tout en lui emboîtant le pas.

     Dès qu'ils passèrent enfin les curieux, la jeune femme commença à entendre le cris des sirènes qui se rapprochaient dangereusement vite à son goût. Ils avaient tout intérêt à presser un peu le pas s'ils ne voulaient pas être encore en vue lorsque tout ce beau monde arriverait. Enfin… Elle n'était pas certaine que son sauveur était d'humeur à quitter les lieux au pas de course, son costume n'avait peut-être pas apprécié leur petite mésaventure mais cela n'enlevait rien à son standing naturel. Elle le voyait mal courir… Du moins pas sans une vraie bonne raison et elle n'avait pas forcément envie de s'étendre sur ses relations houleuses avec les représentants de la sacro-sainte loi…

     Maintenant, elle n'était pas non plus dénuée d'idées et son commentaire n'était pas tombé dans les oreilles d'une sourde. Sans rien demander et foulant les conventions sociales avec un certain enthousiasme, l'irlandaise passa tout simplement son bras sous le bras de Gavriel, verrouillant fermement sa prise sans pour autant en devenir "menaçante". Maintenant qu'elle était place, elle accéléra légèrement leur rythme de marche, essayant de faire ça discrètement avec plus ou moins de succès, tout en le guidant vers une rue adjacente.


               -Ca tombe très bien, j'ai une excellente adresse justement…

     Elle ponctua sa phrase d'un sourire et acheva de le guider. Le trajet ne fut pas vraiment long… Lorsque Molly avait décidé de se renflouer un peu, elle savait qu'elle n'était plus qu'à quelques minutes de sa destination, mais le pub avait le mérite de ne pas donner sur la rue principale, ce qui lui permettait de s'éloigner définitivement du lieu de l'accident. Et ce en peu de temps. Le O'Bradys avec son bois vert sombre, presque noir, ses vitraux et son cuivre leur tendait donc les bras.

     La jeune femme ouvrit la porte et tous deux furent engloutis par la chaleur, la musique et le brouhaha ambiant. C'était un peu comme brusquement entrer dans une bulle de bonne humeur et de chaleur humaine. Les gens riaient, parlaient, chantaient ou, pour un petit groupe particulièrement habile, jouaient aux fléchettes sans tuer qui que ce soit. Le groupe de musique n'était pas visible mais il n'était pas difficile de localiser les musiciens vers le fond de l'établissement, là où se trouvaient quelques têtes bondissantes dans la mêlée, probablement quelques danseurs. Molly sembla immédiatement dans son environnement naturel, saluant certaines personnes d'un grand sourire et d'un mouvement de la tête, autant qu'on la saluait...

     Pour autant, elle n'oublia pas Gavriel... Au contraire, navigant aisément au milieu de tout ce monde, elle parvint à guider son sauveur vers une zone, à peine, plus calme, là où une petite table proche de la cheminée semblait avoir survécu à l'invasion de fêtards. L'irlandaise réussit le tour extraordinaire de trouver deux tabourets, probablement parce qu'elle connaissait les lieux comme sa poche, l'invitant à s'installer à son aise... L'instant suivant, elle envahissait son espace vital pour pouvoir lui parler sans avoir à trop hausser la voix, les mains posées sur la table et se penchant vers lui...


               -C'est moi qui régal, je vous dois bien ça... vous voulez quoi? Ils ont une cave à whisky à mourir...

     La jeune femme se redressa un tout petit peu, attendant sa réponse, les yeux étincelants. Si elle n'était pas vraiment à l'aise au milieu de la foule, à l'extérieur, elle était clairement dans son élément dans ce pub !

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MessageSujet: Re: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   Mer 14 Aoû - 18:04


Gavriel Eisenhower & Molly Malone


Ils étaient partis juste à temps, à en juger le son des sirènes approchant dans leur dos. Un peu plus, et leur esquive aurait forcément été remarquée. Marchant à pas rapides tout en s’efforçant de ne pas courir pour ne pas plus attirer l’attention sur eux, Gavriel sentit soudain une main passer son bras et le saisir fermement mais sans insistance, et, passé la surprise, il prit sur lui pour ne pas instantanément libérer son bras et repousser la jeune femme. Le tueur n’était pas franchement habitué aux contacts de ce genre, ni d’ailleurs à toute forme de proximité physique quelle qu’elle soit, et n’était pas certain d’apprécier cette familiarité : comme tous les anglais, il aimait à bien délimiter son espace personnel (peut-être plus réduit que pour la plupart des gens), et vivait très mal tout type d’intrusion, mais dans un sens, c’était bien lui qui s’était jeté sur elle quelques secondes plus tôt et ce n’était plus vraiment le moment de faire la fine bouche sur ce genre de détails, surtout alors qu’elle lui offrait une sortie de secours. Lèvres pincées, il fit de son mieux pour se détendre et la laissa donc le guider tout en suivant son rythme un peu plus soutenu alors qu’elle répondait :
« Ça tombe très bien, j'ai une excellente adresse justement… »
Au moins, nota-t-il tandis qu’elle affichait un sourire, elle ne s’était pas mise dans tous ses états après l’accident, elle avait su garder un certain self-control. Il n’était pas sûr qu’il aurait su gérer une situation où la jeune femme se serait mise à pleurer dans ses bras comme une hystérique, mais il était plus que certain que cela ne se serait pas fini ainsi.

Le trajet fut rapide, par chance – la pluie s’était calmée mais continuait à tomber, et il avait plus que hâte de se réfugier dans un endroit chaud où il pourrait se fondre sans difficultés. Il avait comme dans l’idée que Molly ne fréquentait pas vraiment le genre d’établissements chics qu’il privilégiait en général, mais sur le moment cela lui importait peu, et en vérité, vu son état, il aurait probablement fait tâche dans un autre chose qu’un pub. Sans surprise, ce fut dans l’un d’eux, le O’Bradys, qu’elle le conduisit. Elle était bien irlandaise, à n’en pas douter. Il n’aurait pas pu en dire autant ; malgré ses origines il tenait clairement plus du parfait british, flegmatique et pincé, que de l’irlandais chaleureux et bon vivant, mais son accent le trahissait.

Il pénétra dans le bâtiment après un dernier coup d’œil derrière lui, et assuré qu’ils n’étaient pas suivis, lui emboîta le pas. Ses sens furent rapidement submergés par ce nouveau décor : plus sombre et plus resserré mais surtout, plus bruyant et plus chaud. Il était encore tôt mais le pub était déjà bien animé, comme souvent rempli de londoniens à la sortie de leur travail venu boire un verre avec leur collègues. L’ambiance n’était cependant pas étouffante, simplement conviviale, et si ce n’était clairement pas le genre d’endroit que Gavriel aurait fréquenté de lui-même, il fut surpris de constater qu’il ne s’y sentait pas (trop) étranger. Molly, en revanche, y était comme un poisson dans l’eau : le changement avait été visible dès le moment où elle avait posé le premier pied dans le bar. Elle connaissait visiblement plusieurs des personnes qui s’y trouvaient, sans surprise puisque Gavriel avait suivit sa routine maintenant assez longtemps pour savoir qu’elle fréquentait cet endroit régulièrement. Elle se fondit dans la masse sans difficultés, se déplaçant avec la détermination de quelqu’un qui sait où il est et où il va. Il la suivit sans faire de remarques, et elle le conduisit dans un coin un peu à l’écart du reste, plus isolé et surtout plus calme. Intuitive, donc. Encore qu’il n’était pas vraiment difficile de voir que Gavriel n’avait pas le profil de celui qui irait se mêler à la foule prêt de la scène où jouait un groupe de musique pour s’y déhancher. L’idée même prêtait à rire. Il prit place en face de la jeune femme qui aussitôt se pencha vers lui, n’hésitant pas une fois de plus à envahir son espace vital pour parler à voix basse, le forçant malgré lui à se pencher à son tour.
« C'est moi qui régale, je vous dois bien ça... vous voulez quoi? Ils ont une cave à whisky à mourir... »
Les yeux pétillants, il fallait bien admettre que son enthousiasme avait quelque chose de presque contagieux, et il sourit légèrement à son tour presque malgré lui tout en acquiesçant.
« Un whisky me semble parfait. Et j’imagine que si cet incident n’avait pas eu lieu c’est mon portefeuille que vous auriez dérobé, alors cela ne me semble que justice, en effet », répondit-il sur le même ton bas que la jeune femme, mais sans reproches ni accusations dans la voix, bien au contraire ; il avait toujours le sourire aux lèvres.
Il ne tenta de la convaincre que malgré ça il avait largement plus les moyens qu’elle de payer leur consommation, sachant que d’une part, il n’était pas censé connaître l’état de ses finances, et que d’autre part, elle était probablement trop têtue pour accepter alors qu’elle lui devait, il fallait bien l’avouer, une fière chandelle. Si seulement elle avait su pour quelle raison il l’avait sauvée… probable qu’elle n’aurait pas été si reconnaissante.


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   Sam 18 Jan - 18:48

     Rien n'était plus agréable que de se retrouver dans son élément... Molly n'était pas étrangère à ce concept puisque depuis qu'ils étaient entrés dans le pub, la jeune femme s'était significativement détendue. Certaine que la foule et la distance permettraient d'éviter la police et ses questions gênantes, l'irlandaise pouvait s'empresser de mettre toute cette histoire ubuesque derrière elle. Elle avait peut-être son lot de mésaventures étranges à raconter mais l'histoire du taxi risquait fort bien de rentrer dans son top 15...

     Pourtant, Molly semblait condamnée à ne pas pouvoir rester insouciante bien longtemps. Son allure détendue et sa bonne humeur vacilla légèrement en même temps que son sourire. La jeune femme n'avait peut-être pas les meilleurs doigts de fée de tout Londres mais elle estimait tout de même s'en sortir pas trop mal. La preuve en était, elle ne s'était pas faite prendre. Du moins jusque-là. Visiblement son sauveur était bien plus observateur que la masse moyenne. Dangereusement à ce stade... Elle ne put s'empêcher de l'étudier d'un rapide coup d'oeil peut-être un poil scrutateur, pesant le pour et le contre, essayant de déterminer si son sourire détendu l'était véritablement. S'il accordait vraiment aussi peu d'importance à sa façon de se renflouer...

     Bien entendu, elle ne pouvait pas non plus le fixer ainsi pendant des heures. A moins de vouloir donner l'impression d'un gobie. Dans tous les cas, elle se devait de lui fournir une réponse. Nier avec véhémence...? Pas vraiment, non. Elle avait perdu depuis longtemps toute chance de se faire passer pour une pauvre et innocente demoiselle et elle doutait même d'avoir eu cet air un jour. Peut-être quand elle avait cinq ans? Prendre la fuite d'une façon ou d'une autre...? Non plus. Ce n'était pas et ne serait jamais son style. Se montrer repentante et s'excuser? Probablement encore moins. Molly avait dépassé ce stade depuis pas mal d'années maintenant... Ne restait pas beaucoup de solutions...


               -Peut-être bien... L'irlandaise afficha à nouveau un sourire avant de faire un clin d'oeil à Gavriel. Mais probablement pas pour les raisons que vous croyez !

     Molly, de façon générale, ne flirte pas. Certes, son attitude actuelle y ressemblait fortement mais cela faisait seulement partie de sa façon d'être. Un poil provocatrice. Si son sauveur n'était certainement pas dénué de charme, elle n'en était pas encore à tomber en pâmoison devant lui. Cependant, cela ne l'empêchait pas d'afficher sans honte sa façon d'être et sur ces derniers mots elle entreprit de se frayer un passage au milieu de la foule de clients. Cela aurait pu être l'occasion rêvée de prendre la poudre d'escampette, se fondre dans la masse étant vraiment un jeu d'enfant dans pareille situation, mais l'irlandaise alla docilement se positionner au niveau du comptoir. Ce qui sous-entendait qu'elle ne voyait pas Gavriel comme une menace ou lui faisait suffisamment confiance. Probablement pas un signe d'un immense sens de la survie ou de la préservation...

     Quelques instants plus tard, et si Gavriel regardait dans cette direction, une tête aux cheveux noirs sembla brusquement prendre quelques centimètres de plus. Molly s'était hissée sur la surface de bois à l'aide de ses deux mains avant de se pencher légèrement vers l'intérieur du bar. Il suffisait qu'elle tende le bras pour pouvoir attraper deux verres, voir se servir seule. Au lieu de cela elle attendit patiemment, une poignée de secondes, avant qu'un barman à la barbiche tressée ne se dirige vers elle et ne l'embrasse sur la joue avec un air ravi. Ils échangèrent quelques mots avant qu'il ne lui soit rendu deux verres et qu'elle ne fasse le chemin inverse jusqu'à leur table.

     La couleur, d'un beau jaune doré, du breuvage se mariait à ravir avec l'ambiance des lieux et promettait des saveurs intéressantes. Il s'en dégageait des arômes légers, fruités et épicés, qui n'étaient pas sans rappeler les noix voir, étrangement, la pêche. Bien entendu, il était servi sec et la jeune femme aurait été la première à crier au scandale si le moindre glaçon était venu souiller son verre... Molly eut un sourire en coin avant d'entrechoquer légèrement son verre avec celui de Gavriel.


               -Aux citoyens courageux qui n'hésitent pas à sauver les lunatiques en détresse ! La jeune femme prit une gorgée, appréciant visiblement son choix et laissant les saveurs rouler sur sa langue quelques instants. Alors? Suis-je condamnée à user de mes talents pour découvrir votre nom...?

     L'irlandaise semblait détendue et ouverte, ne cherchant pas non plus à soutirer tous les secrets de Gavriel. La lueur qui dansait dans ses yeux était plus amusée qu'autre chose. Elle ne faisait que le taquiner, en quelque sorte, continuant sur le sujet qu'il avait lui-même lancé. Et ce de façon tout à fait détendue. Par contre il pouvait tout aussi bien lui annoncer qu'il s'appelait "Gengis khan", elle ne chercherait pas à vérifier. Là n'était pas la question...


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Molly Malone
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MessageSujet: Re: Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]   

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Besoin d'un plan B? [PV: G. Eisenhower]

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