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 Crawling back to you - Rose & Aiden

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MessageSujet: Crawling back to you - Rose & Aiden   Lun 6 Oct - 18:31


Will you still love me ?


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Rose & Aiden



Je soupire, assez lourdement pour être honnête. Les réunions tôt le matin, sans avoir eu le temps de prendre ma première tasse de café de la journée. C'est dur. Très dur. Autant que d'essayer de faire prendre un bain d'eau glacé à un chaton. Tout ce que tu obtiens, c'est des griffures et un chaton de très, très mauvaise humeur. Le rapport avec moi ? Je suis le chaton dans le bain glacé. J'écoute tout de même avec la plus grande attention ce que Lestrade souhaite nous dire, mordillant doucement le bout de mon stylo dans un geste aussi enfantin qu'impatient. Je tapote doucement des doigts sur le bureau, ne m'attirant que le regard désapprobateur d'Esther que mon geste agace visiblement. Je pourrais arrêter, mais je n'ai pas vraiment envie. Pourquoi ? Mais parce que. C'est aussi simple que ça. Finalement, merci pour mon âme et mon moral, la réunion prend enfin fin. Cinq minutes de plus et je pense qu'intérieurement, je mourrai. Je m'échappe de la salle de réunion, allant me chercher ce café depuis si longtemps désiré. Ô douce dose de caféine matinale, j'arrive. Je m'excuse auprès de tout le monde, allant me faire cette tasse, laissant tout le monde retourner à ses petites affaires. D'habitude il est vrai que je suis plus thé que café, mais ce matin… Je dois avouer qu'il va me falloir quelque chose d'un peu plus corsé qu'une tasse d'Earl Grey pour que je sois agréable avant dix heures. Et entre nous, je préférais éviter de mordre quelqu'un sans raison. Déclencher un incident diplomatique est certainement la dernière chose que j'aimerais faire, alors autant calmer ma mauvaise humeur sous une bonne rasade de café. J'écoute la machine ronronner, trépignant presque devant, l'enjoignant mentalement à se dépêcher. Allez ma belle, je t'ai connu plus rapide, fais plaisir à l'homme mal réveillé que je suis et offre moi ce doux breuvage caféiné. Finalement la douce cafetière finit par se décider à m'offrir ce que je veux. J'attrape la tasse, soufflant doucement sur le liquide brulant qu'elle contient avant de me diriger, lentement mais surement, vers mon bureau qui croule sûrement sous la paperasse.

Je lape un peu de café, esquissant grimace lorsque je me brûle quelque peu la langue. Oh saleté. Alors que je m'approche de mon bureau, je ne prête pas d'abord réellement attention à la personne qui est là, posant un paquet dessus avant de réaliser. Un paquet. Et cette silhouette ? Oh, non. C'est une blague pas vrai. J'en manque de lâcher ma tasse. C'est elle. Rose. C'est bien elle qui se tient là, à déposer un de ses paquets mystérieux que je reçois depuis un moment. Jamais signés mais toujours pleins de douceurs provenant d'une pâtisserie londoniennes que j'affectionne particulièrement. Elle ne semble pas me voir, elle se contente simplement de déposer le paquet, avant de se retourner, et là, nos regards se croisent. Le temps semble se suspendre tandis que je me perds dans ses prunelles que je n'ai pas eu la plaisir de revoir depuis des années.

Je remonte à l'époque du lycée, là où nous étions encore ensemble, avant ce jour où elle est partie, me laissant derrière elle comme si je n'étais rien à ses yeux, simplement parce que j'avais refusé d'abandonner ma vie et mes rêves pour la suivre je ne sais trop où. La dernière fois que j'ai eu la chance de croiser son regard, c'était pour rompre avec moi. Et aujourd'hui, voilà qu'elle est là, à quelques mètres, me fixant avec un air que je ne saurais décrypter actuellement. Toujours aussi resplendissante qu'avant, même plus.  Je ne pourrais vous décrire avec la précision d'un peinte les teintes qui illuminent sa chevelure, mais, même avec me vision un peu biaisé, toutes ses nuances grises et désaturées restent sublimes à observer.

Par instinct, par réflexe plutôt je fais un pas vers elle. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. Parce que je l'aime. Parce que je lui en veux. Parce que je suis heureux de la retrouver. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Honnêtement je suis perdu. Seulement au moment où je m'approche d'elle, son prénom s'échappant d'entre mes lèvres dans un murmure des plus doux, voilà qu'elle fuit.

Littéralement. Elle ne prononce pas un mot, se contentant de fuir comme la dernière fois. Oh non, pas deux fois, pas question que tu me fasses le coup deux fois. Tant pis pour la tasse, tant pis pour le café, je les laisse tout les deux s'échouer au sol tandis que je m'élance à sa suite, le coeur comme sur le point d'exploser.

"Rose !"

C'est appel du coeur. Et prononcer ce prénom après tant d'années laisse une étrange saveur ses mes lèvres. Je ne cesse de la poursuivre, me fichant complètement des autres, et du regard tantôt réprobateur tantôt incompréhensif. Mais honnêtement, je m'en fiche. Tout ce qui compte c'est que je la rattrape. Chose que je fais avant qu'elle n'arrive à attraper un ascenseur. Mes doigts se referment avec une étrange délicatesse autour de son bras tandis que je la force à me regarder. Je te tiens, ma belle.



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MessageSujet: Re: Crawling back to you - Rose & Aiden   Mer 8 Oct - 2:41

S’éloigner est parfois une des pires décisions que l’on prend. C’était une décision que j’avais prise à dix-huit ans. Il avait fallu que je franchisse le cap de la trentaine pour que l’envie d’être à la maison me revienne. J’avais Éloïse en France. Mais ma grand-mère biologique n’était pas mes petites habitudes. Partir d’elle n’avait pas été aussi dur que de partir la première fois. Je la laissais avec l’impression de revenir à quelque part. Dans les petits éloignements, laisser mon fille à la nurserie semblait très honnêtement être une des pires choses que mon cœur n’avait jamais eu à tolérer. Je voulais revenir le chercher toute suite. C’était pénible surtout que mon fils était très loin de se débrouiller en anglais. J’avais eu tous l’été pour le préparer. Mais avec octobre qui pointait le bout de son nez, il n’était pas pour autant bilingue. À quatre ans, pouvait-on s’attendre vraiment à mieux. J’avais beau le reprendre et corriger ces mots, le premier réflexe de mon fils était la langue française. Et ce matin-là, quand je dus aller le porter à la garderie particulièrement tôt mon cœur ne put s’empêcher de se sentir un peu pincer. Quelque secondes d’hésitation. Comme à toutes les fois.

Mais aujourd’hui n’était pas une de ses journées, celle où je pouvais faire comme si de rien n’était. J’avais un planning chargé. Un laboratoire de 8 heures à 9 heures, un rendez-vous au Yard à neuf heures trente, un cours à deux heures que je connais. Journée chargée – comme toujours. Ironiquement malgré la charge de ma journée, je m’arrêtais à mi-chemin de ma course entre l’université et le Yard dans une petite pâtisserie. Je souris gentiment à la pâtissière que je connaissais avec le temps. Plus ou moins une fois par semaine. Et ce qui m’avait frappé au bureau du Yard c’était une petite plaque de DS que j’avais vu sur un bureau à ma première visite : « DS A.B. Evans » J’avais frisonné. Est-ce que c’était possible que… J’ai ouvert l’œil et une fois je l’ai remarqué. Cheveux ébouriffés, il ne semblait pas avoir vieilli autant que moi. L’aborder? Impossible. Le souvenir clair et précis de notre adolescence me heurta comme une vague de souvenir.

La fois suivante, j’avais déposé une boîte de pâtisserie sur le coin. Se souvenait-il des boîtes qu’il ait reçues en centaines pendant ses nombreuses années? Des indices de ce que j’avais vécu comme expériences. Des odeurs particulières que j’avais vécues. Des recettes que j’avais ramassées aux quatre coins du monde. Je n’avais pas étudié dans une université précise. J’avais mes études en vagabondes. Admise en Espagne, j’avais transféré au Maroc. Du Maroc au Rwanda. Du Rwanda en Inde. Il n’y avait qu’à mon doctorat que je m’étais posé. Et puis j’avais eu Chad et que je le veuille ou non, avec un enfant que l’on a fait tout seul, voyager c’est vachement moins facile. Mes boîtes s’étaient espacées jusqu’à disparaitre pendant quelques années – trois ans. Jusqu’à cette boîte sur son bureau. Et aujourd’hui, à pas de chat, je déposais encore une fois. Sauf que cette fois-ci, sans raison particulière, je m’avançais pour prendre un stylo sur le bureau et griffonné une lettre. Le fameux « R » en lettre attaché et artistique qui avait signé des centaines de colis envoyés avec amour. Mes yeux remontèrent lentement l’allée et mon regard croisa celui d’Aiden. Une angoisse silencieuse m’envahit. Tremblant comme une feuille, je fis ce que mon instinct me dictait. Je pris mes jambes à mon cou. Une partie de moi. Une partie débile de moi voulait garder l’anonymat de mes colis. « Rose ! », raisonna dans le corridor alors que je détalais comme un lapin. Mais j’étais une femme de bureau. Je n’étais plus une aventurière. Rapidement, la main d’Aiden se déposa sur mon poignet. Une poigne ferme. Il n’avait pas intention de me laisser partir. Par intention de me laisser m’enfuir encore une fois. Je l’avais déjà trahi par le passé. Mon regard monta lentement le long de son bras, détailla son cou et alla se planter dans le sien. Retrouvé celui que j’avais aimé. Retrouvé celui que j’avais fuit parce qu’il n’avait pas voulu embarqué dans mon délire.

« Aiden. » Voix tremblante. Mains hésitantes. Une partie de moi peine à trouver le courage nécessaire pour lui dire la tonne de choses qui m’étaient passé en tête depuis les quatorze dernières. Pas le courage d’expliquer les lettres. Pas le courage de lui parler de mon fils qui était à la petite section, qui n’avait pas de père et dont je constituais l’univers entier. Pas le courage de lui dire que je n’étais venue qu’en vitesse déposer la boîte avant de filer en rendez-vous trois étages plus bas. Mon expérience en anthropologie judiciaire était demandée dans une enquête vieille de vingt ans. Mon nom à défaut d’un autre dossier. Il y avait beaucoup entre nous deux, un passif immense. Des tas de choses. Un départ sans retour. Un départ qui m’avait pris quatorze années à me justifier. Et malgré le fait que je reconnais les traits du visage qui ont drôlement bien vieilli, une partie de moi a du mal à croire qu’il sait maintenant que je suis celle qui dépose les boîtes sur son bureau depuis bientôt trois mois. « Tu… » commence-je d’une petite voix. Tu quoi? Tu m’en veux n’est-ce pas. Je veux lui demander. S’il m’en veut d’être partie sans me retourner. À trop souvent dire au revoir, on oublie le sens de ses mots. Ils perdent leur côté cérémonial. Je les ai entendu trop souvent pour que cette soirée, si lointaine de notre réalité d’aujourd’hui, j’ai pu les dire sincèrement et sans qu’ils me fassent peur. Mon regard cherche à lui dire que sa colère, je la comprendrais et que je la subirais sans l’ombre d’un agissement, sans une peur. Mais à la place, lentement ma main se défait de la sienne et monte doucement. Un frôlement délicat. L’index glisse avec douceur le long de sa joue. Trouver le courage de dire quelque chose de plus. Articuler une phrase intelligible de plus que ce geste délicat veut hurler. Cette difficulté que j’ai toujours eu de mettre les bons mots sur ce que je ressens. Il a bien vieilli. Pas comme moi que ma grossesse à légèrement arrondi les formes. Pas comme moi qui a refait teindre en blond ses cheveux en arrivant à Londres. Il est resté pareille. Délicatement, ma voix s’élève : « Tu vas bien? ».
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MessageSujet: Re: Crawling back to you - Rose & Aiden   Sam 18 Oct - 15:25


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Mon coeur cesse de battre et se fige, comme prit dans un cercueil de verre. Cette voix, ce regard. C'est bien elle et pourtant je peine à le croire. C'est comme si je venais de me réveiller d'un long rêve, d'une longue stase durant laquelle le temps lui filait sans moi et que le monde tournait sans soucier de moi. C'est comme si j'avais attendu des années et que d'un coup je revenais subitement à la vie. Le temps reprend son vol pour moi, me mettant la vérité pur et dur sous les yeux. Elle n'est plus exactement la même, certes, mais à mes yeux, elle reste plus sublime que n'importe quelle femme sur cette planète. Je caresse du regard son visage, appréciant la forme délicate de ses yeux, la courbe voluptueuse de ses lèvres, avant de me perdre dans sa chevelure audacieuse. J'ai envie de recommencer à caresser du bout des doigts sa peau, de glisser mes mains dans sa chevelure soyeuse et de venir goûter ses lèvres… Mais ce n'est plus possible. Je le sais. Car aussi heureux que je peux l'être en cet instant, une part de moi lui en veux toujours de m'avoir laissé il y a aussi longtemps. Le plaisir de retrouver l'amour de sa vie se retrouve diluée par une rancoeur tenace qui empoisonne mon coeur depuis des années. Je lui en ai voulu et autant être honnête, je lui en veux toujours. Nous nous étions promis de ne jamais nous quitter, de rester ensemble et de réaliser nos rêves mains dans la main… Et pourtant, elle était partie sans moi, sans même un regret. Elle n'avait pas hésité une seule seconde à me briser le coeur, me laissant seul dans un monde déjà bien trop gris. Alors oui. Elle est de retour, mais la question est de savoir, qu'est-ce que je vais faire ?

Sa voix retentit à nouveau, hésitante, tandis que ses yeux restent ancrés dans les miens. Je pourrais dire que je suis heureux de nouveau regarder ses pupilles aux couleurs sublimes, mais ce serait mentir. Tout ce que je vois se sont ses même nuances de gris… Celles que j'ai toujours aimé voir. Les seules que j'aimais. Parce que c'était les siennes. Ses doigts glissent entre les miens, je la laisse rompre ce contact, à regret. Je frissonne doucement lorsque je sens son index effleurer avec tendresse ma joue. Je ferme les yeux. Ça m'avait manqué. Terriblement. Cette simple caresse fait presque taire la colère et rancoeur qui grondaient au sein de mon coeur. N'est-ce pas tout ce dont j'avais rêvé ? De la retrouver et de sentir à nouveau ses doigts sur ma peau et ses lèvres contre les miennes ? Alors pourquoi est-ce que je ne suis pas aussi heureux que je le pensais ? Le temps aurait-il aidé la rancoeur à s'installer au fond de moi, et à grandir comme un parasite qui dévore lentement mon être ? Peut-être.

"Si tu voulais simplement prendre de mes nouvelles, tu aurais pu venir le faire plus tôt…"

Un sourire des plus tristes m'échappe. C'est une façon peut-être un peu abrupte de te faire comprendre que j'aurais aimé que tu reviennes vers moi plutôt. Surtout quand je repense à toute les boîtes pleines de pâtisseries que tu m'as envoyé. À la place de quelques sucreries, j'aurais préféré que ce soit toi qui me retrouves. Mais c'était peut-être trop demandé. Ou alors, tu avais peut-être trop peur de m'affronter après toutes ses années. Mais qu'espères-tu  ? Que je retombe dans tes bras l'air de rien. J'aimerais, crois-moi. C'est dingue à dire, mais après toutes ses années, je l'aime encore, du fond de mon coeur. Mais je ne peux pas oublier ce qu'elle m'a fait.

"Mais pour répondre à ta question… Disons que je fais aller… Et toi ?"

Je meurs d'envie de lui demander pourquoi elle n'est pas venu me voir plus tôt… Si j'en crois la fréquence des boîtes, cela fait un moment qu'elle est de retour à Londres, alors pourquoi avoir continué à m'éviter ? Je veux savoir si elle a réalisé ses rêves en m'abandonnant, je veux savoir si elle réellement plus heureuse sans moi, juste pour être fixé. J'ai besoin de savoir. Dis-moi si tu veux encore essayer ou si tu as tiré un trait sur moi. Dis-moi.



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MessageSujet: Re: Crawling back to you - Rose & Aiden   Jeu 23 Oct - 15:29

« Si tu voulais simplement prendre de mes nouvelles, tu aurais pu venir le faire plus tôt… » J’aurais voulu dire que je le savais. Que j’aurais pu revenir plutôt. Mais avec moi, ce n’étais jamais aussi simple. Il savait que j’avais toujours eu des barrières. J’avais moi-même imposé un mur entre lui et moi. Une barrière infranchissable. Des tas et des tas d’adresses que j’avais eues mais dont je n’avais jamais eu le courage de faire-part. Il avait le droit de savoir. Je voulais qu’il le sache. J’aurais pu venir plutôt. J’aurais DÛ revenir plutôt pour prendre de ses nouvelles. Mais comment lui expliquer ma peur ? Comment justifier que je n’étais pas certaine que c’était la bonne chose à faire. Surtout que je voyais sur son visage, la tristesse. En étais-je la cause ? J’avais toujours trouvé éprouvant de mettre de l’ordre dans mes émotions. D’identifier ce qui était quelle émotion. Ça rentrait dans une longue liste de justifications sur ma froideur apparente, ça expliquait pourquoi je ne m’étais pas retournée ce soir-là, ça allait de pair avec ce manque chronique d’attachement que j’avais commencé à inverser quand j’avais eu mon fils, mais pas avant.

Quatre ans à me prouver que m’attacher c’était bien, ce n’était pas assez pour compenser onze années à être baladée de foyer d’accueil en foyer d’accueil. Ce n’était pas suffisant. Mes doigts tremblent contre sa peau. Je comprends sa colère. Il m’en a fallu du temps pour m’arrêter. Mais je suis incapable de m’imaginer à quoi ressemble sa vie. La mienne est si différente de celle que j’ai quittée des années plutôt. Ma voix s’effrite lorsqu’en le regardant je réussis à murmurer un : « J’aurais voulu… mais j’avais peur. »

Peur parce qu’il rappelait en moi ce souvenir vif de mon adolescence. Peur qu’il m’ait oublié. Peur que j’ai disparu de sa mémoire. Des hommes dans ma vie, il y en avait eu plein après lui. D’un lit à l’autre, j’avais cherché ce que j’avais avec Aiden. Mais ils n’étaient tous pas lui. Même le père de mon fils n’avait pas su calmer l’orage silencieux qui grondait en moi. Il avait su le réduire pendant les quelques mois de notre relation. Mais quand il était parti, je ne l’avais pas cherché. Je n’avais pas ressenti ce besoin de trouver ses bras. J’avais tourné la page sur l’abandon, sur les appels non-renvoyés. Mais la douleur n’avait pas été la même que celle que j’avais vécu en perdant les bras d’Aiden. Je ne m’étais pas retournée pourtant en partant. Mais il avait été le seul à recevoir des bouts de mes voyages par la poste. Le seul à pouvoir retracer ma route tordue et sinueuse vers un équilibre dans ma santé mentale. Et j’avais peur. Peur devant lui. Peur que je ne représente pas autant pour lui que ce qu’il représentait pour moi.

Il était un acteur d’avant-plan dans mon histoire.
Il était un de mes deux points d’ancrage.
Mon fils était l’autre.

Mon fils de quatre ans, les cheveux sombres en désordre, le sourire sur le visage, qui me répétait à tous les matins dans un français impeccable qu’il m’aimait. Celui qui dans une autre version de cette vie aurait eu les beaux yeux marrons qui me fixaient avec une attention telle, mais qui avait des yeux couleurs d’herbe fraiche – cadeau de son père.

J’avais besoin de ses deux hommes pour ne pas m’envoler. Mais j’aurais compris qu’Aiden me repousse. Trop d’années s’étaient écoulés depuis mon départ. Nous avions tous les deux appris. Qu’était-il devenu ? Avait-il reçu les colis souvenirs de ces expéditions. Le regard d’Aiden est lourd et marqué par le sens. Il m’en veut. Et je me sens coupable – c’est rare que ça m’arrive. Du mal que je lui ai fait. Il méritait mieux à dix-huit ans que moi. Mieux que ma personnalité inadaptée à cette vie rangée que je savais qu’il méritait. Mais comment lui dire ? Comment lui dire que je ne m’étais pas retourné pour son bien. Parce que je n’allais pas bien à l’époque. Parce qu’il fallait qu’il continue sans la tempête qui bouillait en moi. Son regard était doux mais empreint d’une colère silencieuse. Je la comprends lorsqu’il me demande : « Mais pour répondre à ta question… Disons que je fais aller… Et toi ? » J’ai tant à lui dire pour expliquer comment je vais. Mais je ne sais pas si la question sous-tends des tas de choses. Parce qu’il y a quatorze années qui se sont écoulés depuis cette dernière rencontre entre nous deux. Je ferme les yeux pendant un tout petit instant. Un soupire. Une respiration. Prendre le courage de trouver les bons mots pour dire comment je vais. « Je… je vais mieux que quand je suis partie… J’ai… trouvé… ce que je cherchais je crois… » je crois mais devant ses yeux… je n’ai pas l’assurance que j’ai vraiment trouver ce que je cherchais. Je ne peux qu’espérer que j’ai vraiment trouver. Péniblement, je soutiens son regard en disant ses mots. « J’ai trouvé… »… mais j’hésite. Qu’est-ce que j’ai trouvé ? « Chad » murmure-je.
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MessageSujet: Re: Crawling back to you - Rose & Aiden   Sam 1 Nov - 14:23


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Elle avait peur ? Je peux comprendre. Pas facile de revenir vers l'homme que l'on a abandonné d'un coup pour un motif que ce dernier trouve encore égoïste. Elle serait revenu vers moi plus tôt, peut-être que je n'aurais pas eu le temps de lui en vouloir, peut-être que je me serais jeté dans ses bras et que je l'aurais embrassé, lui murmurant que tout était oublié et que de toute façon je l'aimais toujours. Mais là… Combien d'années ont passés sans que tu ne reviennes vers moi ? Bien trop. Le jeune adolescent au coeur brisé que tu as laissé derrière toi est devenu cet homme qui a su panser ses plaies mais qui continue de te porter un amour teinté d'une certaine rancoeur. Il est évident que je lui en veut. Mais en même temps, à quoi s'attendait-elle ? Que je revienne vers elle et que j'oublie tout ? Je suis désolé ma belle, mais tu n'es pas la seule à souffrir de cette situation. Je ne savais pas que chaque petits colis, chaque cartes, signés d'un simple "R" était d'elle, même si une partie de moi s'en doutait, mais chacune de ses petites attentions me réchauffaient doucement le coeur. Mais est-ce que cela change tout à cette situation ? Je n'en sais rien.

Je sens qu'elle hésite. Qu'est-ce que tu ne veux pas me dire ? Que tu es plus heureuse sans moi ? Ou qu'au contraire tu es malheureuse ? Mais sa réponse me serre doucement le coeur. Elle va mieux ? Je ne dis pas que j'aurais aimé la voir malheureuse à en mourir, mais j'ai juste besoin de savoir que je t'ai manqué, autant que tu as pu me manquer. Certes je ne t'ai pas attendu, me promettant de ne voir personne avant ton retour, parce que, je pensais ne jamais te revoir, mais au fond, tu m'as toujours un peu manqué. D'une façon ou d'une autre. Mais est-ce seulement le cas pour toi ? Est-ce que tu regrettes au moins de m'avoir abandonné ? Je commence à penser que non. Surtout quand elle me dit avoir trouvé ce qu'elle cherchait. Je cesse de respirer tandis qu'elle finir par m'avouer ce qu'elle pense avoir trouver. Chad ? Je fronce les sourcils sans trop comprendre. J'aurais du m'en douter. Je baisse les yeux quelque peu, passant une main dans mes cheveux, dans un geste nerveux.

"… Tant mieux alors si… Tu as trouvé ce que tu voulais…"


Un silence s'installe entre nous. Je suis plus que mal à l'aise. Que dire de plus ? La vérité peut-être ? Sûrement, ça vaudrait mieux que n'importe quel silence. J'essaye de lui sourire tandis que je me perds dans ses yeux. Autant être honnête non ?

"Quoi que je puisse en dire… Je suis rassuré que tu ailles bien et ça me fait plaisir de te revoir… Même si… Même si j'aurais aimé que tu reviennes plus tôt."

Une note de reproche se fait sentir dans ma voix. La vérité c'est que j'aurais aimé que tu reviennes. Vers moi. Que tu sois là quand j'avais besoin de quelqu'un à mes côtés. Mais la vérité c'est que tu n'étais pas là, parce que tu cherchais je ne sais trop quoi que tu as trouvé en la personne de Chad. Et ça me fait souffrir de constater que tu m'as plus ou moins oublié pour quelqu'un d'autre. Même si une partie de moi continue de penser que tu veux réessayer… Sinon pourquoi les paquets ? Je souris doucement en reprenant.

"J'aurais dû me douter que les colis étaient de toi… Merci…"


Enfin je crois. Je les ai tous apprécié. Parce qu'ils contenaient tous quelque chose qui doucement, me faisait sourire. Une petite attention digne d'une aimée qui aimerait m'avoir à ses côtés. C'est tout ce que je voyais là-dedans. Une promesse qu'elle ne m'oubliait pas et pourquoi pas… Qu'elle m'aimait encore.



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MessageSujet: Re: Crawling back to you - Rose & Aiden   Dim 21 Déc - 5:43

Quand je m’étais enfuie d’ici, je ne savais pas vraiment ce que la vie me réservait. J’étais juste dans un déséquilibre profond. Pas que j’étais folle ou quelque chose du genre. J’avais dix-huit ans, une tonne d’argent et aucune racine. Je m’étais laissé porter comme une graine au vent. J’avais traversé mes propres tempêtes, nagé pour trouver les bonnes places que j’avais toujours attendues sans vraiment le savoir. Il m’avait fallu du temps pour me reposer. Beaucoup de temps. Mais j’y étais arrivée. À Paris, j’avais loué une chambre à ma grand-mère pendant des années. J’avais réappris à vivre dans un équilibre normal plutôt que dans des valises. J’étais devenue une adulte… un peu comme Aiden. Aiden aussi avait grandi et vieilli. Et je l’avais blessé profondément : « … Tant mieux alors si… Tu as trouvé ce que tu voulais… » Je remarque la colère qui l’habite. J’ai conscience d’avoir merdé et de ne pas être à la hauteur. Lui expliquer pourquoi je ne me suis pas retourner, pourquoi je ne suis pas revenue plutôt… ça me semble compliquer. Encore plus que d’expliquer pourquoi je laisse ses boîtes sur son bureau depuis quelques semaines déjà. Dans ma tête, j’aurais mieux préparé le terrain pour aborder mon retour. J’aurais pris mon temps pour essayer d’étouffer la colère que je comprenais qu’il ressente à mon égard. « Quoi que je puisse en dire… Je suis rassuré que tu ailles bien et ça me fait plaisir de te revoir… Même si… Même si j'aurais aimé que tu reviennes plus tôt. » Je souris. Il doit m’en vouloir mais pas tant que ça. Parce qu’il aurait voulu que je revienne plutôt. Comme une gamine, je fixe la pointe de mes chaussures honteuse. Merde ! Merde ! Je ne suis pas prête pour cette discussion-là. J’ai besoin d’aborder trop de sujet et il continue : « J'aurais dû me douter que les colis étaient de toi… Merci… »

Mes colis. De jolis petits colis d’une écriture fine. Jamais de lettre. Ils se sont espacés par moment. Mais ils revenaient toujours. Ça me semble être un bon point d’ancrage pour notre relation à tous les deux. Mes colis étaient la preuve que peu n’importe l’homme qui avait partagé un bout de chemin avec moi… Aiden avait été celui qui était le plus important. Je n’avais jamais su ce qu’il avait reçu. Mais l’idée qu’il en ait reçu plus d’un me fit sourire. Et doucement, je rajoutais : « C’était trois fois rien les colis. Tu devrais voir ce que j’ai ramené. Les souvenirs que j’ai… » et l’expérience. Pensais-je. Une expérience de vie. Et mon fils… j’aimerais que tu vois mon fils parce qu’il est le souvenir le plus vivant de mon expérience de vie unique. Un cadeau imprévu. Mais une petite perle que j’ai bien mérité. Il est aussi la preuve que j’ai changée. Adolescente, j’affirmais que je ne voudrais jamais d’enfant parce que les gens meurent. Un peu gênée par la présence des autres collègues, je le regarde doucement dans les yeux. Il est mignon et je veux me faire pardonner tous ce que je lui ai faits comme connerie. Dieu sait que des erreurs, j’en ai fait des tas. « J’aurais voulu revenir plutôt tu sais ? Mais les choses étaient compliquées… » / Ma vie avait été en mille morceau. J’avais du apprendre à reconstruire ce que ma prime enfance avait détruit. La femme que j’étais quand je m’étais entichée de lui avait pratiquement disparu. J’avais appris la confiance et l’amitié beaucoup plus. J’étais moins enfermée dans mon petit monde, mon petit cocon personnelle et je n’avais pas vraiment le choix de m’ouvrir aux autres. Parce que même si je voulais rester dans mon petit monde, il avait grossi mon monde. J’ai passé une main dans mes cheveux et enroulé une mèche autour de mon doigt, comme je le faisais adolescente. Un petit sourire et j’ai rajouté : « Elles le sont encore… »

Et je me demande pourquoi garder le mystère. J’ai vu son corps se tendre quand j’ai mentionné Chad. Lui expliquer ce qu’il est sera essentiel de toute façon. Alors, j’hésite pendant un petit moment. Il est nécessaire de trouver les bons mots pour expliquer la situation. Un premier « Chad est… » franchit mes lèvres. Mais je ne sais pas comment poursuivre logiquement cette phrase. Comment définir mon fils. Comment définir mon petit prince aux yeux de quelqu’un qui n’en as probablement rien à cirer de mon bébé ? Des mots se bousculent un petit garderie à peine murmuré. Une référence aux trains que mon fils aime d’amour – comme le font les enfants de son âge. Je frissonne et j’hésite avant de recommencer à remettre mes idées en ordre. Je me sens rougir en articulant doucement : « Enfin… j’ai un fils… de quatre ans… qui s’appelle Chad… c’était un accident et le père est du genre comète plutôt invisible et depuis avant sa naissance. Mais je ne regrette pas… mais je suis un peu maman célibataire. Il aime les trains et il est à la garderie… » et il me semble que j’ai rarement aussi longtemps parlé que ça. Les mots se sont bousculés en un seul coup. Trop est sorti et je rajoute nerveusement avec un petit éclat de rire plus stressé qu’autre chose : « Il était beaucoup de boulot pour ma grand-mère… j’ai préféré revenir pour être près de mes gens… »

[HJ: je suis impardonnable... je m'excuse des presque deux mois d'attentes.]
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